Préface (Mgr Rey)

Marie et Dieu sont les seuls à pouvoir dire de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien aimé ». L’un et l’autre contemplent le Christ dans la profondeur de Jésus. L’un et l’autre sont voués au retrait, au secret. Dieu s’efface en son Verbe fait chair. Tout au long de l’évangile, Marie fait silence. Et si elle lance à toute volée son magnificat, c’est qu’elle ne se couronne en rien du projet de Dieu sur elle. Sitôt gratifiée de la visite de l’ange Gabriel, sa louange s’élance vers Celui qui a envoyé le divin messager. Mais elle ne revendique aucun mérite. Elle bannit tout retour sur soi. Elle n’est point en souci d’elle-même. Elle se sait redevable par sa conception immaculée, du mystère de sa propre origine et de son élection.

Marie ne fait pas qu’héberger Dieu. Elle coopère à son accueil en son sein. Elle n’oppose aucune résistance à l’invasion de Dieu en elle. Elle représente l’humanité qui consent à la grâce. Par elle, Dieu s’insère dans le devenir du monde. Sans elle, l’incarnation transiterait par l’histoire sans vraiment la traverser. « Sans Marie, l’entrée de Dieu dans l’histoire n’aurait pu aboutir. » (Card. Ratzinger). Dieu compte sur elle pour que son amour maternel enfante un amour plus vaste encore. En son Fils, monte un peuple nouveau, et de ce peuple, un royaume, et de ce royaume, la gloire de Dieu. Et chaque jour qui passe l’introduit toujours plus profondément dans l’ampleur de ce dessein.

Le rôle maternel de la Vierge ne prend pas fin avec son entrée dans la gloire au jour de son Assomption. Son élévation ne l’éloigne pas des besoins des hommes. Son triomphe ne la rend pas hautaine ou indifférente. Elle demeure « bien plus mère que reine » (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus). Sa sollicitude s’étend à l’humanité tout entière qu’il faut engendrer à la grâce. L’enfantement charnel du Messie fut pour Marie sans douleur, sans offenser sa virginité. Mais sa maternité spirituelle, indissociable de sa maternité physique, s’accomplit dans les souffrances. « Un glaive te transpercera le cœur » (Lc 2, 35) avait prophétisé Siméon. Cet engendrement douloureux est figuré dans la vision de l’Apocalypse sous les traits de la « femme enceinte et qui crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement » (Apo 12, 2)

Le livre de Françoise Breynaert nous met à l’école de Marie. Il propose un enseignement chrétien organique et systématique, mais aussi pluridisciplinaire, qui parle à l’intelligence et au cœur. Puisse cet ouvrage entraîner le lecteur sur les routes du Magnificat et apprendre de la Vierge à porter Jésus en soi afin de le donner au monde.

+ Dominique Rey

Evêque de Fréjus-Toulon

Sommaire:

25 Mars, Mystère d'Alliance

Avec Marie, dans la lumière

Marie dans le mystère pascal

Marie, l'Esprit, la Parousie